Comment arriver au zéro déchet ?

Pour commencer, j’aimerais vous annoncer quelque chose : avant je consommais sans réfléchir, sans spécialement faire attention à mes déchets. Oui c’est vrai, je n’étais pas un exemple. Mais malgré tout, je fais partie de cette tranche de la population qui a grandi en apprenant à recycler, avoir deux poubelles dans la cuisine a toujours été une obligation chez moi. Alors oui je recyclais très bien, tout ce qui était déchets plastique (bouteilles, emballage recyclable…), papier, carton, boite de conserve… Impossible pour moi de mettre la moindre bouteille en verre dans une autre poubelle que le container à verre qui se trouve au bout de ma rue. Donc oui je pensais que c’était déjà super bien. Et je sais que vous pensez la même chose.

poubelle deux compartiments
Poubelle tri, deux bacs

Je savais que les bouteilles plastique étaient recyclables, et que c’était quand même pratique à transporter… Quand j’achetais des gâteaux, il y avait des emballages, des suremballages, on en est tous conscients mais c’est comme ça qu’ils sont vendus. Donc on fait avec. Moi aussi j’achetais mes œufs dans une boite en carton, en me disant, ce n’est pas bien grave, c’est recyclable.

Voila, je ne me considérais pas comme un exemple, mais je recyclais mes déchets, j’utilisais les transports en commun, le vélo… Je me considérais comme écolo à mes heures, sans pour autant être extrémiste. J’étais on va dire, quelqu’un qui suivait ce qu’on lui avait appris, bien trier ses déchets, c’est super important.

Et puis petit à petit, on a commencé à nous dire qu’il fallait arrêter d’utiliser les sacs plastique. Alors que je me souviens étant petit, qu’il était écrit, qu’un sac plastique, c’était 10 minutes d’éclairage d’une ampoule. Est-ce que vous vous en souvenez ?

sac plastique
Sac plastique peut fournir de l’énergie

Voila, donc on a fait évoluer notre pensée. Avant on nous disait « le sac va être incinéré, il va créer de l’énergie », maintenant le message est : « ne fabriquons pas le sac, cela demande de l’énergie ». C’est quand même une sacrée révolution, vous ne trouvez pas ? Mais alors pourquoi ne pas l’avoir eu  avant ? Cette prise de conscience ! Et là, j’ai fait wahouuuu. En fait, j’ai réduit ma consommation de sac plastique facilement : c’est simple de prendre un sac avec moi quand je vais faire les courses. J’ai décidé de bannir les sacs plastique de mon quotidien avant que l’interdiction ne prenne forme. Et je pense que je me souviendrai toujours de ce moment là. Je revenais à pied du marché,  où j’avais trouvé tout ce que je voulais avec les producteurs locaux, légumes, œufs, poulets, fruits… Que des produits frais, de saison, et pour une partie bio ou en agriculture raisonnée. Pour moi tout était bon, j’arrive chez moi je dépose tout sur la table de la cuisine, et je commence à ranger mes magnifiques fruits et légumes, la viande… Une fois fini de tout ranger, je me retourne et là trône sur la table une dizaine de sacs plastique neufs. Bon, je sais que je les réutilise pour ma poubelle de déchet ménager. Mais quand même, est-ce que j’ai besoin de tous ces sacs que j’ai utilisés pendant 20min ? Non, bien évidement !

La décision est prise : la semaine suivante, au marché, je n’utiliserai plus aucun sac plastique !

fin sac plastique
La fin des sacs en plastique à usage unique

Le compostage : Je connaissais le principe depuis longtemps, mes grands-parents avaient un jardin, et bien entendu il y a toujours eu le compost au fond du jardin. J’ai toujours vécu en appartement, donc impossible d’avoir un compost, malgré cela, dans les années 2010, j’ai entendu parler du lombricompostage. Une petite révolution pour moi : avoir un composteur dans une petite boite à l’intérieur de la maison. J’étais étudiant, à l’époque, et quand j’ai vu le prix 150 euros, j’ai tout de suite abandonné l’idée ! Dépenser 150 euros pour traiter ses déchets, trop peu pour moi.

Par la suite, j’ai étudié et appris ce qu’était le compostage (je prévois d’écrire un article pour expliquer en détail le principe, et pourquoi c’est super important pour la planète). J’ai appris l’importance des éléments Carbone, Azote, Phosphore… Qu’il fallait ceci pour que les plantes puissent vivre. Et puis un jour, on m’a informé que l’agglomération d’Annecy (merci à elle) proposait des lombricomposteurs avec des vers à 45 euros. J’ai sauté sur l’opportunité. Et me voilà à la maison avec mes petits vers, et mon composteur. Et franchement c’est le pied ! Une diminution de 30% de mes déchets quotidiens, la poubelle s’allège d’un coup, il n’y a plus de moucherons l’été, parce qu’il n’y a plus d’épluchures de fruits qui pourrissent au fond de ma poubelle. Et en plus, cela produit de l’engrais pour vos plantes !

Vous vous demandez, c’est ça le zéro déchet ? Et bien non ! C’était juste les prémisses pour moi… Le commencement du commencement ! C’était en 2015 je crois, j’avais entendu de la fameuse Béa Johnson, je la considérais comme une extrémiste, comme une hurluberlue au même titre que des personnes qui se nourrissent uniquement de plantes qu’ils trouvent sur leur chemin ou bien les gamers qui passent 16h par jour sur leurs jeux vidéos. Non faire tenir mes déchets dans un bocal en verre, trop peu pour moi… Trop compliqué…

Et puis non, je trouvais l’idée intéressante, mais beaucoup trop contraignante, j’ai donc juste décidé de réduire mes déchets. Faire attention à mes achats, refuser systématiquement les sacs plastiques, acheter les aliments dont les emballages sont recyclables. Oui c’était ça au départ, trouver des emballages recyclables pour mes aliments… Puis une amie m’a expliqué ce que c’était le zéro déchet. Pourquoi elle tentait de le faire. Ayant une formation en gestion des déchets, je lui répliquais simplement que si c’est recyclable, c’est pas bien grave, on peut le réutiliser. Et forcement, on en est venu à parler de la gestion des déchets en France. J’ai apporté des infos techniques et des images (que finalement peu de personnes connaissent).

En France, il y a deux grandes filières pour nos déchets. Ceux qui sont recyclables qui sont valorisables : les déchets plastiques, papier, carton, verre, bois… Et la filière des déchets non recyclables qui est divisée en deux catégories : les centres d’enfouissement technique et les incinérateurs.

Les centres d’enfouissement technique, c’est un beau mot pour désigner les décharges. C’est-à-dire les endroits où l’on va tout simplement entasser nos déchets. Oui oui, vous avez bien compris, on installe une membrane étanche (pour éviter de polluer le sol) et on va entreposer l’ensemble des déchets ménagers qui vont arriver. Et les stocker là, sans autre objectif que de les garder dans un lieu. Et pour en avoir déjà visité, c’est immense. Je peux vous affirmer que ce sont des montagnes de déchets. Bien entendu sur internet on trouve très peu de photos de ces lieux (c’est d’ailleurs interdit de les photographier) mais en voici quelques unes.

Impressionnant non ? Vous me répondrez : allons plutôt les brûler dans un incinérateur ! Après il ne restera plus que des poussières. Oui mais, il reste environ 30% de « poussières ». C’est-à-dire qu’après avoir été brulés, vos déchets deviennent ce que l’on appelle des « mâchefers », des déchets ultimes qui sont valorisés uniquement pour la construction des sous-couches de routes. Ils représentent quand même 30% du volume de déchet initial. 30% !!! Imaginez !!! Et puis, franchement, faire brûler des déchets, mais quelle aberration. Exemple très simple, vous jetez votre peau de melon à la poubelle, elle va être incinérée. Il y a 90% d’eau ! On va bruler 90% d’eau ?? Vous ne trouvez pas cela invraisemblable ?

epluchure melon
Épluchure de Melon

Donc le débat a eu lieu avec mon amie, et finalement je ne sais pas si c’est elle qui m’a convaincu, ou moi-même qui ai ouvert les yeux, mais je me suis dit qu’il fallait que je me rapproche du zéro déchet. Et j’ai mis un nom  sur cette volonté de réduction des déchets : Le ZÉRO DÉCHET.

Les règles étaient dictées : réduire mes déchets que ce soit recyclable ou non recyclable.

J’ai commencé par le plus simple, ou par ce qui m’a d’abord intéressé. J’ai trouvé des petits sachets en tissu pour pouvoir y mettre mes fruits, mes légumes, mes pâtes et mon riz en vrac, sans utiliser des sacs en papier. C’est hyper simple à trouver au final, puis pareil pour la farine et les graines… En fait, j’ai commencé par les produits secs, car on en trouve de plus de plus dans les magasins, même en supermarché. Oui vous chercherez, il y en a parfois très peu, mais l’idée progresse tout doucement. Après si vous allez dans des magasins spécialisés, vous en trouverez aussi.

sac à vrac
Sac à vrac en coton bio

Donc j’ai commencé avec les produits de base, puis j’ai continué avec les produits frais : viandes,  fromages, laitages. Alors, sur ce point, beaucoup m’interroge comment je fais. J’emmène un bocal hermétique avec moi, et je vais demander à mon marchand de mettre ce qu’il aura pesé dans mon récipient plutôt que dans un emballage. Et je vais soit chez un fromager/boucher à proximité de chez moi, ou au supermarché, au rayon découpe, ils acceptent tout à fait de tout mettre dans mon emballage hermétique. Il n’y a même pas besoin de changer vos habitudes, vous pouvez essayer chez vous ! Cette étape, en plus de réduire vos déchets, permet  de refaire du lien social, vous êtes obligé d’expliquer votre démarche, et les gens sont intrigués, intéressés. Et croyez-moi, j’ai dans 90% du temps, des retours extrêmement positifs ! Passez le cap !

Au cours de ces expérimentations d’achats quotidiens, j’ai fait évoluer mes modes de consommation dans ma salle de bain. J’ai commencé simplement en achetant du shampoing solide, puis en rachetant du savon solide plutôt que d’acheter du savon liquide dans une bouteille. C’est très simple comme changement ! Et franchement, essayer le shampoing solide, c’est l’adopter !
Puis l’idée est venue d’aller plus loin, j’ai cherché et trouvé, des savons de rasage que l’on utilise avec un blaireau. Et même un rasoir non jetable !

En fait, vous voyez peut être où je veux en venir ? C’est-à-dire que l’on ne passe pas du zéro déchet du jour au lendemain, mais c’est fait de petites étapes.

Beaucoup de proches me disent que le zéro déchet c’est compliqué. J’ai envie de dire non, le zéro déchet ce n’est pas compliqué, c’est le changement qui est difficile. Demandez à quelqu’un qui arrête de fumer si c’est difficile, il vous dira que oui et il aura raison. Mais demandez à quelqu’un qui ne fume pas ou quelqu’un qui a arrêté de fumer depuis 10 ans si c’est difficile de ne pas fumer, il vous répondra que non c’est facile.

Le zéro déchet vient progressivement, c’est plein de petites victoires contre les déchets : chaque petit effort est récompensé, et on avance doucement à son rythme. Franchissez le pas !

 

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